La Marmotte, petit mammifère rongeur à fourrure
épaisse dont certaines espèces vivent entre 1500 et 3000 mètres.qui hiberne dans des terriers très profonds.
Pourquoi donné ce nom à cette épreuve? je n'ai pas réussi à avoir la véritable raison, je dirai peut-être que c'est parce que durant cette épreuve longue de 174 kilomètres, nous passons les 3/4 de la course dans ces altitudes.
A mon arrivée, à l'Alpes d'Huez, lieu mythique pour les mordus du Tour de France, j'ai déjà des frissons lorsqu'en voiture j'ai découvert cette longue montée qui sera notre route finale lors de notre dernière ascension.
Les inscriptions sur la route, les virages numérotés, les grands lacets, les pentes jusqu'à 14% sont bien présents, ce n'est pas un mensonge, cette montagne est là devant moi ou plutôt sous les roues de ma voiture.
Les images du Tour de France, où je revois cette pente envahie par les colonies Holllandaises sont devenues un peu plus réelles.De nombreux coureurs ont perdus le tour sur cette route, d'autres y ont gagné un respect du peloton, y ont gravé une histoire de la légende du Tour.
Autour de l'Alpes, les sommets sont encore enneigés, le paysage est magnifique, et on tombe rapidement sous le charme de cette nature encore sauvage et de cette station de sport d'hiver.
Ma petite sortie de vélo de la veille des épreuves me fait réaliser que nous sommes en altitude et le moindre effort est sanctionné par un souffle court, le coeur ne monte pas, les jambes ne tournent pas rond.
Les Hollandais, les belges......................les plus grosses nations représentées, ainsi que les 18 autres nations qui seront au départ ont pris leur quartier dans les différents hôtels, gites.................de la station.
Le départ a lieu à Bourg d'Oisans, à 7h00 nous sommes lâchés pour cette grande aventure. Déjà se profile le Col du Glandon qui culmine à 1918 mètres. Un superbe paysage, est offert à l'ensemble des concurrents au sommet de cette première difficulté.
Je suis parti prudemment; et en haut je me retrouve dans un deuxième groupe à 3 minutes du groupe d'échappés.
Après une descente prudente, je me retrouve au pied du col du Télégraphe, qui culmine à 1570 mètres et ensuite on enchaîne sur les routes du Plan Lachat, 197 mètres suivi du très difficile col du Galibier qui avec ses 2642 mètres domine la vallée de la Maurienne.
Du Télégraphe jusqu'en haut du Galibier, environ 33 kilomètres de montée, mon 39/27 est suffisant mais les pourcentages dans les 8 derniers kilomètres sont très durs. En haut de ce sommet, la neige est présente de chaque côté de la chausée, c'est un paysage superbe qui est proposé au sommet.
Je m'arrête pour me ravitailler, je profite de ce moment pour reprendre un peu de force avant d'entamer la longue descente vers Bourg d'Oisans. Du groupe, où je me trouvais en bas du galibier, nous sommes tous éparpillés sur la route, chacun à son allure a gravi ces longs cols.
Dans cette longue descente, nous roulons parfois à plus de 80 kilomètres/heure, ces sensations de vitesse sont agéables après avoir approché des vitesses de 10km/h dans la montée.
J'ai des couleurs dans les adducteurs, je ne sais pas pourquoi, et mon retour vers l'Alpes est difficile, j'essaye de ma ravitailler correctement mais les sensations ne sont pas bonnes.
Le moral est déjà touché, car l'ascension de l'Alpes, ses 21 virages, ses 21 panneaux sont déjà dans ma tête. Je m'attends à souffrir mais je n'avais pas imaginer aller aussi loin dans la douleur.
Cette montée de 14 kilomètres sur 1120 mètres de dénivelée est un mythe pour les sportifs occasionnels ou de haut niveau. Les derniers vainqueurs en haut de cette montée se nomment AMSTRONG, MAYO, SASTRE, SCHLECK...
Dés le premier lacet, je me trouve en difficulté, je cherche des dents supplémentaires, mais le 27 est déjà utilisé.
Debout sur les pédales, le compteur parfois ne dépasse pas 8 km/H, il y a beaucoup de monde sur le bord de la route, c'est grisant de pédaler dans ses conditions.
Les 40 degrés, ne font qu'accentuer la difficulté, je suis collé à la route et plusieurs fois j'envisage d'abandonner, les panneaux indiquant le nombre de virages restant sont des points de repère et je n'ose pas les regarder ,
comme les pancartes indiquant le nombre de kilomètres.
Je suis en surchauffe, j'ai les muscles tétanisés.
A 7 lacets du sommet, je pose le vélo et je me laisse tomber sous une petite chute d'eau.
Maintenant il me reste environ 5 kilomètres à effectuer, je ne pense plus à abandonner, si près du but ce n'est pas pensable.
La souffrance est présente mais les derniers mètres sont une véritable délivrance. Je suis fier d'avoir terminer cette épreuve, je m'attendais à souffrir mais pas à ce point là.
Mon temps 6h57, mais çà ne compte pas, j'ai réussi à gravir ces sommets mythiques et dans le prochain tour de france, mon regard sera encore plus admiratif pour ces coureurs du Tour.
Vers 18h00, c'est à dire 11hOO après le départ, il y a encore des coureurs qui entament cette montée. Tout au long de la descente vers Bourg d'Oisans, des sportifs sont allongés, assis à l'ombre, cherchant à énième souffle.
Tous ne finiront pas l'ascension, mais ceux qui arriveront à dompter ce sommet seront fier ce soir.
Je me dis:il faut être débile pour faire de tels efforts mais je sais au fond de moi que je reviendrai pour de nouveau provoquer cette montagne.
Cette épreuve est vraiment la plus dure des cyclosportives et se mérite.
Je suis fier comme l'ensemble des concurrents d'avoir gravi ces 3 grands sommets.
Maintenant place à un peu de repos






